Chauffeur-livreur : permis B ou C, tournées, VL ou porteur

Le chauffeur-livreur charge son véhicule, effectue une tournée de livraisons sur un secteur défini et revient au dépôt en fin de journée. En véhicule léger (fourgon, utilitaire), le permis B suffit. Pour un porteur, il faut un permis poids lourd C1 ou C selon le poids du camion, ainsi que la formation obligatoire des conducteurs professionnels. Au-delà de la conduite, c’est un métier de service : vous êtes souvent la seule personne de l’entreprise que le client rencontre.
VL ou porteur : quel permis pour quel véhicule ?
Le permis dépend du poids total autorisé en charge (PTAC) du véhicule, inscrit sur la carte grise. D’après service-public.gouv.fr :
| Permis | Véhicules concernés | Exemples de livraison |
|---|---|---|
| B | Voitures et camionnettes jusqu’à 3,5 tonnes de PTAC | Colis aux particuliers, messagerie urbaine, pièces détachées |
| C1 | Camions de plus de 3,5 tonnes et jusqu’à 7,5 tonnes | Livraison de magasins, mobilier, matériaux légers |
| C | Camions de plus de 7,5 tonnes | Grande distribution, boissons, matériaux |
Deux points à connaître si vous visez le porteur :
- La qualification professionnelle. Pour conduire à titre professionnel un véhicule de marchandises de plus de 3,5 tonnes, il faut une qualification initiale, le plus souvent la FIMO, puis une formation continue, la FCO, tous les cinq ans. Les détails sont dans notre article FIMO et FCO.
- Le contrôle médical. Les permis C1 et C sont soumis à un contrôle médical pour leur obtention et leur renouvellement, à intervalles réguliers.
Les véhicules de marchandises de plus de 3,5 tonnes doivent aussi être équipés d’un chronotachygraphe, qui fonctionne avec une carte conducteur personnelle. Avec un utilitaire de moins de 3,5 tonnes, rien de tout cela : le permis B suffit, ce qui rend le métier accessible rapidement.
Une journée de tournée, concrètement
- Prise de poste au dépôt, souvent tôt le matin. Vous récupérez votre feuille de route ou votre terminal, et vous vérifiez le véhicule : pneus, feux, niveau de carburant, propreté.
- Chargement : vous scannez les colis et les rangez dans l’ordre inverse de la tournée, pour que la première livraison soit à portée de main.
- Tournée : vous enchaînez les arrêts, guidé par l’application ou par votre connaissance du secteur. À chaque livraison, vous faites signer le destinataire, souvent sur un terminal, ou vous prenez une photo de preuve de dépôt.
- Gestion des imprévus : client absent, adresse introuvable, colis refusé ou endommagé. Chaque cas suit une procédure : avis de passage, dépôt en point relais, retour au dépôt.
- Retour au dépôt : déchargement des colis non livrés et des retours, remise des documents, signalement des incidents.
Le nombre d’arrêts varie énormément selon le type de livraison. Un livreur de colis en ville multiplie les arrêts rapides, tandis qu’un livreur de mobilier ou d’électroménager en fait peu, mais longs, parfois avec installation chez le client.
Les grands types de livraison
- Le colis aux particuliers : beaucoup d’arrêts, des créneaux à tenir, un contact client bref mais fréquent.
- La messagerie entre entreprises : livraisons et enlèvements chez des commerces, artisans et industriels, avec des horaires d’ouverture à respecter.
- La livraison de magasins, en porteur, avec des rolls ou des palettes déchargés au hayon.
- La livraison avec installation (électroménager, meubles), souvent en binôme, où le soin et la présentation comptent autant que la ponctualité.
- Les produits frais ou surgelés, en véhicule frigorifique, où la chaîne du froid doit être respectée de bout en bout.
La relation client, l’autre moitié du métier
Un livreur ponctuel, aimable et soigneux fidélise les clients de son employeur. À l’inverse, un colis jeté, une porte claquée ou un retard non annoncé donnent lieu à une réclamation. Ce que les entreprises attendent :
- Prévenir en cas de retard, plutôt que laisser le client attendre.
- Respecter les consignes : étage, code d’accès, lieu de dépôt, horaires de réception.
- Rester calme face à un client mécontent, et noter précisément le motif d’un refus.
- Faire signer correctement : une livraison sans preuve est une livraison contestable.
Sécurité et santé
La conduite urbaine est exigeante : stationnement difficile, piétons, cyclistes, arrêts fréquents. À cela s’ajoute la manutention : montée et descente du véhicule, port de colis, utilisation du diable ou du hayon élévateur. Prenez le temps de bien caler le chargement avant de partir et de garer le véhicule en sécurité à chaque arrêt. Notre guide gestes et postures donne les bons réflexes pour le port de charges.
Bien démarrer sur une nouvelle tournée
En intérim notamment, il arrive de prendre une tournée que l’on ne connaît pas. Les premiers jours sont les plus difficiles. Quelques réflexes aident :
- Demandez un accompagnement : une journée en doublure avec le livreur habituel vaut des heures de GPS.
- Notez les particularités de chaque client : entrée de service, horaires de réception, code d’accès, personne à prévenir.
- Repérez les stationnements possibles et les rues difficiles d’accès avant d’y arriver en charge.
- Chargez avec méthode : un véhicule bien rangé fait gagner plus de temps qu’une conduite rapide.
- Faites remonter les anomalies dès le retour au dépôt, pour que la tournée du lendemain soit plus fluide.
Le fonctionnement des missions est expliqué dans notre article l’intérim en logistique, comment ça marche.
Ce que regardent les recruteurs
- un permis valide, adapté au véhicule, avec un solde de points correct ;
- une bonne connaissance du secteur géographique, ou la capacité à s’y repérer vite ;
- de la ponctualité et une présentation soignée ;
- une expérience de la manutention, surtout pour les livraisons lourdes ;
- la maîtrise des applications de tournée sur smartphone ou terminal.
Évolutions possibles
Beaucoup de chauffeurs-livreurs commencent en VL, puis passent le permis C1 ou C pour conduire un porteur. Avec le permis CE et la qualification adaptée, on peut ensuite devenir conducteur poids lourd en semi-remorque : voir notre fiche conducteur poids lourd. D’autres rejoignent l’exploitation, comme agent d’exploitation transport, pour organiser les tournées plutôt que les conduire.
Trouver un poste de chauffeur-livreur
Les offres paraissent en intérim, en CDI et en CDD, avec des besoins renforcés lors des périodes chargées comme la fin d’année. Précisez sur votre CV le type de véhicule conduit, vos permis et le type de livraison pratiqué. Pour la rémunération observée sur les annonces, consultez la page salaire d’un chauffeur-livreur.
Dernières offres de chauffeur-livreur
Toutes les annonces sont sur la page offres de chauffeur-livreur.
Questions fréquentes
Quel permis faut-il pour être chauffeur-livreur ?
Le permis B suffit pour les véhicules jusqu’à 3,5 tonnes de PTAC, comme les fourgons et utilitaires. Au-delà, il faut le permis C1 (jusqu’à 7,5 tonnes) ou C (plus de 7,5 tonnes).
La FIMO est-elle obligatoire pour livrer en utilitaire ?
Non. La qualification initiale (FIMO) et la formation continue (FCO) concernent les conducteurs professionnels de véhicules de marchandises de plus de 3,5 tonnes. Un livreur en véhicule léger avec le permis B n’est pas concerné.
Quelle différence entre un chauffeur-livreur et un conducteur poids lourd ?
Le chauffeur-livreur effectue des tournées courtes avec de nombreux arrêts et revient chaque jour au dépôt. Le conducteur poids lourd transporte des chargements plus importants, souvent sur de plus longues distances.
Peut-on devenir chauffeur-livreur sans expérience ?
Oui, en véhicule léger, un permis B valide suffit souvent pour débuter. Ponctualité, sens du service et bonne connaissance du secteur font ensuite la différence.
Sources
- Service-public.gouv.fr : quels permis selon la catégorie du véhicule ? (service-public.gouv.fr)
- Service-public.gouv.fr : contrôle médical obligatoire pour le permis professionnel (service-public.gouv.fr)
- Ministère de la Transition écologique : formation des conducteurs du transport routier (ecologie.gouv.fr)
- Service-public.gouv.fr : cartes chronotachygraphes pour le transport routier (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- France Travail : fiche métier Conducteur-livreur / Conductrice-livreuse (ROME N4105) (candidat.francetravail.fr)
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À propos de l’auteur
La rédaction Intérim Logistique
La rédaction suit l’emploi en logistique et en transport : CACES et formations, droits des intérimaires, salaires, organisation du travail en entrepôt et conseils pratiques pour les candidats comme pour les recruteurs. Les chiffres cités viennent des offres en ligne sur le site ; les règles, de sources officielles. Qui sommes-nous ?
